LE FINALE INTIME DE CHANEL : HAUTE COUTURE JUILLET 2025 AU GRAND PALAIS
- Camz

- 21 août 2025
- 2 min de lecture

Un salon si intime qu’on pouvait sentir la colle des tissus
À une époque où la haute couture semble presque gênée d’exister, Chanel a décidé de renoncer à la grandiloquence et de choisir une atmosphère de “salon privé”. En d’autres termes : “On n’a pas loué le grand hall, mais regardez comme c’est chaleureux.”

Le Salon d’Honneur du Grand Palais fraîchement restauré s’est transformé en cocon beige moelleux digne d’un boudoir versaillais, avec moquette, rideaux et ces fameux détails qui crient “regardez, je suis luxueux mais discret”. Étrangement rassurant. Comme le salon de votre grand-mère… si votre grand-mère avait été la réincarnation de Karl Lagerfeld.
Les mannequins sont apparues depuis une entrée ornée, comme convoquées par le fantôme de Mademoiselle elle-même. Chignons serrés, grandes bottes laissant des marques en U sur la moquette moelleuse. Oui, même le sol a dû supporter le poids de la couture.
Tons neutres, plumes murmurées et une touche de “oh, pourquoi pas ?”
La palette de couleurs était si neutre qu’on aurait dit qu’un styliste avait avalé trois lattes avant de choisir : ivoire, beige et bruns doux. Mais Chanel a glissé un petit piège : une robe bleu argenté, associée à un blouson-bombardier jaune pâle couvert de plumes. Si ce mélange ne crie pas “je suis chic mais je prends aussi des décisions étranges”, alors qu’est-ce qui le fait ?
Le tweed, évidemment, était partout. Version douce, pailletée, caressée de plumes. Comme si les hipsters avaient rencontré la haute couture et donné naissance à un bébé tweed aux tons neutres. Les paillettes, elles, étaient présentes, pas assez pour vous éblouir, mais juste ce qu’il faut pour rappeler que le luxe sait encore faire preuve de retenue.
Une fin d’ère discrète, enveloppée dans une élégance quotidienne
Ne nous mentons pas : ce n’était pas un feu d’artifice final. Plutôt un adieu posé, peut-être un peu trop poli, signé par l’atelier interne de Chanel avant que Matthieu Blazy ne prenne la relève à la direction artistique. Comme un dernier salut au passé, avant de retrousser les manches pour l’avenir. On aurait presque entendu ce murmure : “Ne vous inquiétez pas, le changement arrive… mais merci pour les souvenirs.”
Conclusion
Le défilé haute couture de juillet 2025 de Chanel ressemblait à une soirée très chic mais légèrement réservée. L’ambiance murmurait au lieu de crier. Les silhouettes étaient raffinées, doucement luxueuses, et suffisamment décalées pour susciter un petit froncement de sourcils. Une couture sans les grands soirs d’opéra, davantage un thé raffiné qu’un champagne tapageur.

En somme, Chanel nous a offert un dernier soupir de l’ancienne ère avant que le nouveau directeur créatif n’entre en scène. Un adieu poli, un peu trop bien élevé peut-être, mais pas sans ironie.
Espérons que Blazy ramènera le drame, parce qu’à force de tons neutres et de retenue polie, on risque tous de s’endormir. La couture a besoin d’attitude, et vite.













