PRADA SS26 HOMME : GOOD VIBES ONLY (OU RIEN)
- Camz

- 9 sept. 2025
- 3 min de lecture
Sérénité épurée et optimisme sartorial
Miuccia Prada et Raf Simons, manifestement fatigués du manège infernal de mauvaises nouvelles, ont décidé qu’en ce printemps-été 2026, le monde avait besoin d’une dose d’optimisme. Bien sûr, avec leur fameux haussement de sourcils ironique.

Leur défilé homme, présenté sous le soleil brûlant de Milan, ressemblait à un antidote à l’anxiété ambiante. En coulisses, Miuccia avouait qu’il avait été presque impossible de se concentrer tant l’actualité était écrasante. Trois mois plus tard, alors que la planète reste toujours au bord du gouffre, ils choisissent malgré tout l’espoir.
Le lieu du défilé avait été « complètement vidé ». Fini les échafaudages oppressants, place à des bancs disposés autour d’un vaste espace brut. Parce que rien ne dit « nouveau départ » comme un peu de brutaliste minimaliste.
Des détails qui murmurent « je m’en soucie un peu, mais pas trop »

Dès le premier look: chemises blanches impeccables associées à des shorts coupés si haut qu’ils oscillaient entre maillot de bain et sous-vêtement. Parce qu’après tout, pourquoi ne pas déstabiliser le public tant qu’on le peut encore ?
On voyait aussi des survêtements glissés sous des trenchs ou des blazers aux manches retroussées. Éthique, pratique et un brin insolent, un parfait résumé de ces « harmonies non conformistes ».

Les couleurs venaient secouer la rigueur des tailleurs sobres. Gris, marine et silhouettes monochromes étaient dynamisés par des touches de bleu cobalt, de rouge, de vert, de jaune et de violet.

À l’inverse, des notes plus douces de jaune beurre, de rose poudré et de vert menthe calmaient le jeu, créant une illusion de sérénité. Côté accessoires, on retrouvait des chapeaux en raphia façon pots de fleurs et des chaussures bateau portées avec de longues chaussettes. Oui, des chaussures bateau. Parce que tout homme bien habillé devrait avoir l’air prêt à descendre d’un yacht en Méditerranée.

Quand le minimalisme ressemble à des vacances à la plage
L’environnement reflétait les vêtements : béton brut, poutres apparentes, bruitages d’oiseaux et de cloches de vache. Quitte à dépouiller son show, autant pousser l’expérience jusqu’au bout et donner l’impression qu’on assiste à une retraite spirituelle. L’atmosphère se voulait méditative, comme si Miuccia et Raf avaient soufflé : « Faisons simplement moins. » Et ils l’ont fait, vraiment.
Avec le recul, c’est bien cette ambiance, plus que les power suits ou la masculinité alpha, qui a défini Prada SS26. Les deux créateurs l’ont d’ailleurs confirmé : l’idée n’était pas de réagir aux événements, mais de créer du calme. De rejeter les idées compliquées et inutiles au profit de l’instinct, de la fluidité et d’une confiance tranquille.
Les fameux shorts (et la question silencieuse : vraiment ?)
Évidemment, aucun défilé Prada homme digne de ce nom n’échappe à une petite controverse. Cette saison, ce sont les micro-shorts qui ont fait parler : des modèles courts, très courts, flirtant avec les bloomers, les Speedo ou carrément la couche-culotte minimaliste. Présentés comme doux et libérateurs par les designers, ils étaient aussi franchement inconfortables visuellement. Une remarque fusait dans le public : « Mais qui va vraiment les porter ? » Rires gênés, mais aussi respect pour l’audace.

Ces mini-pièces tailleur défiaient les codes et jouaient avec une certaine innocence, même si le résultat donnait envie d’y apposer une étiquette de précaution. Les cabans légers délavés, les tuniques à fleurs et les pantalons coupés au millimètre venaient calmer le jeu, apportant une sorte d’équilibre à la sauce Prada.
Conclusion : une collection pleine d’espoir, mais faut-il vraiment y croire ?
En conclusion, Prada printemps-été 2026 homme a livré une collection où l’émotion comptait autant que le tissu et la coupe. L’espace dépouillé, la palette douce, les micro-shorts choc et le refus de l’agressivité ont construit une révolution discrète : des vêtements faits pour être portés, ressentis, vécus. Plus qu’un spectacle, c’était une suggestion subtile, un soupir sartorial.
Et si tout cela vous semble un peu trop sérieux, souvenez-vous : c’est Prada. Les good vibes seulement, mais avec toujours une bonne dose d’ironie théâtrale.




















































































































































