ASHI COUTURE FW25–26 : DE LA POUSSIÈRE DES SIÈCLES AUX STRASS DE PARIS
- Camz

- Sep 6, 2025
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La muse : une figure spectrale drapée dans les vestiges du temps
Mohammad Ashi, le couturier saoudien qui a déjà habillé Beyoncé et Zendaya, a décidé que la mode relevait davantage de la chasse au trésor dans un marché aux puces que du récit linéaire. Pour sa collection automne-hiver 2025–2026, présentée lors de la Paris Couture Week, il a embrassé une approche guidée par le processus, laissant l’inspiration se déployer librement plutôt que de suivre un fil narratif prédéfini. Le résultat ? Une collection qui ressemble moins à une simple proposition de mode qu’à une fouille archéologique du beau dans les ruines du temps.

Les mannequins ont défilé dans les salles du Musée de la Monnaie, incarnant une muse spectrale, mi-statue mi-esprit, drapée dans des tissus opulents aux allures patinées. Les corsets se portaient tels des armures, les jupes tombaient avec la gravité des vieilles histoires, et les broderies murmuraient des récits de palais oubliés. Chaque silhouette résonnait comme l’écho d’un autre passé : un hommage aux cités disparues, aux textures riches de cultures jadis glorieuses, et au silence expressif des portraits intemporels.
L’artisanat : un manifeste de contradictions
La collection d’Ashi regorge de références sans jamais tomber dans la citation facile. Il réinvente. Les techniques familières sont délaissées au profit d’approches expérimentales : nouveaux matériaux, artisanats hybrides, rébellion artistique contre l’attendu. On devine l’ombre de Louise Bourgeois dans ces textures éraflées, ces formes brutes qui interrogent la fragilité, le corps et le dialogue intime entre la peau et le tissu. Transparence, rudesse et grâce se heurtent ici pour créer une tension vibrante et inattendue.

On devine l’ombre de Louise Bourgeois dans ces textures éraflées, ces formes brutes qui interrogent la fragilité, le corps et le dialogue intime entre la peau et le tissu. Transparence, rudesse et grâce se heurtent ici pour créer une tension vibrante et inattendue.

Chaque détail est façonné avec minutie, transformant chaque pièce en un véritable cabinet de curiosités miniature. Nacre, bois sculpté à la main, plumes incrustées, fils métalliques… L’exécution couture défie toute catégorisation. C’est à la fois unique et classique, familier et profondément mystérieux. Voilà la couture à son état le plus philosophique : chaque fil participe à une narration plus vaste et chaque ornement possède une portée symbolique.

Le final : quand la couture devient mythologie
Au bout du compte, Ashi Couture automne-hiver 2025 est une leçon magistrale de contradiction : la décadence et la splendeur, la ruine et le luxe, l’histoire et l’innovation. La collection se refuse à toute lecture simpliste. Elle propose plutôt une quête, celle d’un artisanat plus exigeant, presque spirituel. Dans ce défilé stratifié, émotionnellement dense, Ashi Studio rappelle que la mode peut dépasser la matière. Elle peut devenir mythe, art, mémoire et surtout, une expression raffinée de l’âme humaine en mouvement.
























































