SAINT LAURENT HOMME PRINTEMPS-ÉTÉ 2026 : QUAND LA LIBERTÉ DES ANNÉES 80 RENCONTRE LE COOL PARISIEN
- Camz

- Aug 25, 2025
- 3 min read
Updated: Sep 3, 2025
LA SCÈNE ET SA LIBERTÉ POÉTIQUE
Anthony Vaccarello a présenté la collection homme printemps–été 2026 de Saint Laurent dans la majestueuse rotonde de la Bourse de Commerce à Paris, où une installation de Céleste Boursier-Mougenot emplissait l’espace du son de bols en céramique flottant sur une eau bleutée. Calme, hypnotique, presque une thérapie couture.

Le décor plaçait le défilé comme une méditation sur la liberté, rappelant que la mode n’a pas toujours besoin de hurler. Elle peut aussi murmurer doucement.
UNE PHOTOGRAPHIE EN COULEURS DE LA LIBÉRATION
Fini l’obscurité des précédents podiums. Vaccarello a allumé la lumière et la couleur a jailli : bordeaux, ocre, menthe, marine, bleu céruléen et une palette de bruns chaleureux.

Ces tons rappelaient les portraits vibrants de Larry Stanton et Billy Sullivan, artistes ayant immortalisé l’esprit queer des étés des années 1970 et 1980. L’effet était celui d’une aisance hédoniste, comme si les tissus avaient été trempés dans la lumière d’un été à Fire Island.
LES SILHOUETTES : LA STRUCTURE S’ÉVAPORE EN DOUCEUR
Le show s’ouvrait sur des shorts tailleur très courts, plissés, revers impeccables, portés avec de larges chemises en soie dans des teintes orangées et rouille.
Un tailoring qui flirte avec la malice, comme des stagiaires de Wall Street qui auraient décidé de devenir danseurs la nuit. Puis vinrent les pantalons : taille ballonnée, resserrés aux chevilles roulées, créant un mouvement à chaque pas. Chaque silhouette semblait dire : les règles du vestiaire masculin ne sont là que pour être détournées, jamais obéies.
LE TAILLEUR CÉDANT À LA PRATICITÉ
Le tailoring de Saint Laurent reste tranchant, mais Vaccarello en a adouci les lignes. Les vestes arboraient des épaulettes amovibles, laissant à chacun le choix entre structure et décontraction.
Les trench-coats flottaient, translucides, leur transparence captant la lumière comme du papier de soie. Preuve que même les basiques peuvent rêver de délicatesse. C’était du tailoring, oui, mais un tailoring qui respirait enfin.
LES ACCESSOIRES QUI MURMURENT AU LIEU DE CRIER
D’énormes lunettes en acrylique occupaient la scène, à mi-chemin entre rétro et ironie, totalement Saint Laurent. Elles semblaient tout droit sorties de 1983, portées par un oncle excentrique, et soudain redevenues chic.

Grande absente : la botte cuissarde en cuir, le péché mignon de Vaccarello. On murmure que des sandales gladiateur avaient été dessinées puis retirées au dernier moment. Parfois, la retenue est le plus audacieux des accessoires.
UNE GRAVITÉ SOUS-JACENTE
Ce n’était pas qu’une nostalgie légère. Il y avait du poids sous cette explosion de couleurs. Une photographie d’Yves Saint Laurent lui-même, en short de tennis, hantait la collection et l’ancrage dans la mémoire de la maison. La palette et la sensibilité puisaient aussi dans les œuvres d’artistes dont la vie avait été brutalement écourtée par le sida dans les années 1980. La collection avait donc une double dimension, à la fois célébratoire et élégiaque. Ces vêtements étaient un bouclier, un désir, une mémoire cousue.
UN ÉTÉ TEINTÉ DE SARCASME
Soyons honnêtes : personne ne tondra la pelouse dans ces shorts. Il faudrait une chorégraphie millimétrée pour préserver les plis. Mais c’est justement là le fantasme que Vaccarello sait si bien vendre : des garde-robes trop glamour pour être pratiques, trop décadentes pour ne pas être désirées.
Des tenues pour des après-midi qui n’existent que dans des romans ou des films, les vêtements parfaits pour arriver en retard… avec style.
CONCLUSION : LA LIBERTÉ ENSOLEILLÉE EN COSTUME
Le printemps–été 2026 homme de Saint Laurent s’est éloigné du costume pur pour tendre vers la sensation. Des tissus qui respirent, des couleurs qui brillent comme des souvenirs, des silhouettes qui libèrent au lieu de contraindre. Anthony Vaccarello a distillé l’esprit de liberté, de désir et de mémoire en une collection qui équilibre fragilité et puissance.
Dans une saison où tant de marques crient toujours plus fort, Saint Laurent a choisi de murmurer. Et ce murmure a porté plus loin que les cris.






































































