SCHIAPARELLI HAUTE COUTURE AUTOMNE/HIVER 2025 : CINQ LOOKS QUI ONT MARQUÉ LE DÉFILÉ
- Camz

- Aug 20, 2025
- 3 min read
Updated: Sep 7, 2025
Schiaparelli ouvre la semaine de la couture avec panache
Paris s’est réveillée le 7 juillet 2025 au rythme de la haute couture, avec Daniel Roseberry lançant le premier grand rendez-vous : Schiaparelli. Sous les arches majestueuses du Petit Palais, célébrités, clientes fidèles et initiés de la mode se sont installés sur des chaises Napoléon, prêts à voir le drame se dérouler.
Et du drame, il y en eut. Cardi B, qui ne connaît pas la discrétion, a fait son entrée dans une robe Schiaparelli d’une saison passée, au col aussi large qu’un anneau de Saturne, accompagnée d’un… corbeau. Oui, un corbeau. Quelque part entre Edgar Allan Poe et la haute couture absurde, elle a capté toute l’attention avant même que le défilé ne commence, rappelant que le premier rang est souvent un spectacle à lui seul.

Un front row de stars
Hunter Schafer, Karol G, Dua Lipa et Philippine Leroy-Beaulieu occupaient les premiers rangs, parées des créations noir et blanc de Roseberry. Dua Lipa, vêtue d’une robe ornée d’écailles, scintillait telle une sirène ayant signé un contrat couture.

Nadia Lee Cohen, Josephine Japy et d’autres fidèles de Schiaparelli complétaient un parterre d’invités presque aussi théâtral que le défilé lui-même.
Passé, futur et le fantôme de Chanel
Les mots de Roseberry ont donné le ton : la saison précédente, il s’agissait de moderniser le baroque ; cette saison, il s’agit de propulser les archives vers le futur. En prenant pour repère l’exil d’Elsa Schiaparelli en 1940, il a revisité ce moment de tension où la peur devenait carburant créatif.
L’éternelle rivalité Schiaparelli-Chanel est revenue hanter la collection. La petite robe noire de Chanel plane comme un spectre sur la mode, mais là où Coco inventait une pauvreté chic pour milliardaires, Elsa optait pour l’excentricité surréaliste. Roseberry a penché vers cette dernière, sans renoncer à la rigueur de Coco.
La collection, pensée exclusivement en noir et blanc, oscillait entre absence et présence, entre artisanat pur et spectacle.

Look 14 : Eyes Wide Open
Si la paranoïa devait avoir un uniforme, ce serait celui-ci. Une robe bustier colonne entièrement brodée d’yeux, chaque iris peint à la main sur un cabochon, fixait le public. Pas de clignement, pas de répit, simplement la couture qui vous observe autant que vous l’observez.

Look 24 : Illusion rouge et cœur humain
Une robe en satin portée à l’envers, avec des seins moulés dans le tissu, était surmontée d’un collier digne d’un film d’horreur : un cœur humain mécanique, battant, en strass rouges. Salvador Dalí avait imaginé une pièce similaire avec Elsa, et Roseberry la ressuscite, car rien n’incarne mieux la couture que de porter son organe vital autour du cou.

Look 26 : Le bustier-selle
Les corsets ont disparu, mais Roseberry ne fait jamais les choses à moitié. À la place, un bustier en forme de selle de cheval : velours, satin et cuir d’agneau sculptés pour cintrer la taille et les hanches avec une élégance équestre. Pratique pour monter à cheval ? Pas du tout. Mais indéniablement couture.

Look 29 : Apollo revisité
La Cape Apollo, vestige de Schiaparelli datant de 1938-39, renaît ici en robe étincelante. Sequins et strass argentés se mêlent à des finitions en crin noir, évoquant la fontaine d’Apollon de Versailles. Une pièce capable d’éclipser celle qui la porte et c’était peut-être bien le but.

Look 30 : Le collier-explosion
En final, le mannequin Alex Consani portait une robe bustier suspendue à un angle improbable, dévoilant la hanche à travers un tulle transparent, surmontée d’un collier qui ressemblait moins à un bijou qu’à un feu d’artifice figé. Inspiré du motif Apollo, il explosait en trois couches d’étoiles métalliques, galvanisées dans des nuances de noir, de bronze et d’argent. Plus qu’un collier, une provocation à la gravité.
Conclusion : le futur surréaliste de Roseberry
Ce défilé n’était ni nostalgique ni futuriste. C’était la traduction contemporaine de l’amour de Roseberry pour le surréalisme d’Elsa Schiaparelli, un langage oscillant entre élégance sublime et provocation malicieuse. Dépouillée de couleur, la couture se concentrait ici sur la construction et l’audace. Cinq looks se sont imposés comme des monuments de son discours : le passé et le futur ne sont pas ennemis, mais miroirs. Et si un corbeau peut s’installer au premier rang, alors oui, la haute couture reste bel et bien le théâtre de l’absurde.






























































